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Auriez-vous pensé que les études sur lesquelles s’appuient les recommandations en santé publique, par exemple, ne s’avèrent souvent pas adaptées à vos besoins?

Saviez-vous que les programmes de recherches ne tiennent pas compte rigoureusement des différences entre les hommes et les femmes ?

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Partout dans le monde, les scientifiques se préoccupent de plus en plus sérieusement de cette iniquité dans leurs protocoles de recherche, afin de mieux répondre aux besoins très divers de la population.
La science voulant à présent apporter des réponses appliquées plus personnalisées à l’ensemble de la population, fait preuve progressivement de plus de rigueur à cet effet et s’assure d’une représentation équitable des sexes.

Mais la partie n’est pas encore gagnée !
On constate que plusieurs « biais liés au genre ou au sexe » subsistent encore dans les milieux scientifiques, ayant des impacts réels considérables, particulièrement dans le domaine de la santé.

Malgré le fait qu’on possède à présent bon nombre de preuves cliniques attestant des différences liées au sexe (génétique, cellulaire, biochimique et physiologique), de nombreuses publications scientifiques ne prennent pas en considération le sexe des répondants, avec des conséquences potentiellement négatives, principalement chez les femmes.

"Entre 1980 et 2016, le nombre d’articles scientifiques tenant compte des deux sexes dans la méthodologie a considérablement augmenté, passant de 59 % à 67 % en médecine clinique et de 36 % à 69 % en santé publique. Mais pour la recherche biomédicale, la variable liée au sexe reste largement sous-représentée avec moins du tiers des articles (31 %). Lorsque des femmes sont auteures, la question du sexe est beaucoup plus souvent prise en considération." (Factors affecting sex-related reporting in medical research: A cross-disciplinary bibliometric analysis», The Lancet (vol. 393, p. 550–559) et qui est signé par une équipe de spécialistes de la bibliométrie, dont Vincent Larivière, de l’Université de Montréal.)

«Le fait que les deux sexes sont généralement considérés est en soi une bonne nouvelle, mais il y a encore beaucoup de travail à faire, notamment dans le domaine pharmaceutique».

  • Vincent Larivière, de l’Université de Montréal

À savoir …

  • Les hommes sont trois fois plus susceptibles de se suicider que les femmes.
    (Butler-Jones, D. « Rapport de l’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de a santé publique au Canada 2012 – Le sexe et le genre – leur influence importante sur la santé », Ottawa, Agence de la santé publique du Canada, 2012.)

  • Dans des expériences sur des animaux, les gènes associés à la dépression affichent des modes d’expression différents chez les mâles et les femelles, mais qui convergent sur une voie semblable.
    (Labonté, B., O. Engmann, I. Purushothaman, C. Menard, J. Wang, C. Tan, Z. S. Lorsch et coll. (2017). « Sex-specific transcriptional signatures in human depression », Nature medicine, vol. 23, no. 9, 2017, p. 1102-1111.)

  • Les personnes de genre féminin, indépendamment de leur sexe, présentent un risque plus élevé de récurrence d’accident cardiovasculaire.
    (Pelletier, R., N. A. Khan, J. Cox, S. S. Daskalopoulou, M. J. Eisenberg, S. L. Bacon, L. Pilote, et coll. « Sex versus gender-related characteristics: which predicts outcome after acute coronary syndrome in the young? », Journal of the American College of Cardiology, vol. 67, no. 2, 2016, p. 127-135.)

  • Les hommes sont deux fois plus susceptibles que les femmes d’augmenter les doses d’opioïdes et d’en mourir.
    (Kaplovitch, E., T. Gomes, X. Camacho, I. A. Dhalla, M. M. Mamdani, et D. N. Juurlink. « Sex differences in dose escalation and overdose death during chronic opioid therapy: a population- based cohort study », PLoS One, vol. 10, no. 8, 2015, e0134550.)

  • Les hormones sexuelles peuvent modifier la réaction aux drogues; elles pourraient augmenter la dépendance au cannabis chez les femmes. Chez les hommes, les opioïdes inhibent la sécrétion de testostérone.
    (Marusich, J. A., R. M. Craft, T. W. Lefever, et J. L. Wiley. « The impact
    of gonadal hormones on cannabinoid dependence », Experimental and clinical psychopharmacology, vol. 23, no. 4, 2015, p. 206-216.)

  • Le risque de développer un cancer de poumon est 20 % plus élevé chez les femmes que chez les hommes, à nombre égal de cigarettes fumées.
    (Santé Canada. «L’analyse comparative fondée sur le sexe et le genre en action à Santé Canada », [En ligne], 2010)

  • Les différences liées au sexe concernant l’exposition aux microbes à un très jeune âge pourraient avoir une influence sur le microbiome et le risque de développer une maladie auto-immunitaire plus tard dans la vie.
    (Markle, J. G., D. N. Frank, S. Mortin- Toth, C. E. Robertson, L. M. Feazel, U. Rolle-Kampczyk, J. S. Danska, et coll. « Sex differences in the gut microbiome drive hormone-dependent regulation of autoimmunity », Science, vol. 339, no. 6123, 2013, p. 1084-1088.)

  • Les femmes âgées de 85 ans et plus sont plus susceptibles (47 %) de se faire prescrire des médicaments inappropriés.
    (Morgan, S. G., J. Hunt, J. Rioux, J. Proulx, D. Weymann, et C. Tannenbaum. « Frequency and cost of potentially inappropriate prescribing for older adults: a cross- sectional study ». CMAJ open, 2016, vol. 4, no. 2, 2016, E346.)

  • On estime à environ 750 000 le nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence au Canada. Environ 75 % d’entre elles sont des femmes.
    (Instituts de recherche en santé du Canada. « Renseignements sur la maladie d’Alzheimer et autres maladies neurodégénératives qui causent la démence», [En ligne], 2013.)

Le "sexe et le genre" en recherche c’est important !

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La recherche fondamentale inclut graduellement les animaux femelles dans ses protocoles ainsi que les femmes au sein de ses essais cliniques. Les approches uniformes en santé et en ce qui concerne la maladie, sont en voie de disparition et c’est tant mieux !
On voit désormais apparaître des approches plus personnalisées, comme par exemples, des posologies mieux adaptées au hommes et aux femmes .

La diversité des identités de genre également de plus en plus reconnue.

Tout d’abord, quelle différence fait-on entre Le SEXE et LE GENRE ?
L’ Instituts de recherche en santé du Canada( ISFH), propose une distinction entre le sexe et le genre, en admettant toutefois que ces deux notions sont en interaction et reliées entre elles, tout en impactant sur de nombreux autres facteurs (Ex. l’âge, le revenu, l’orientation sexuelle, les études, l’emploi, les capacités, l’origine ethnique, le milieu social et physique, l’emplacement géographique, la génétique et les pratiques de santé personnelles, etc.).
La recherche progresse, mais il est évident que cela demeure complexe.

GENRE
Rôles, comportements, expressions et identités établis par la société pour les filles, les femmes, les garçons, les hommes et les personnes de divers genres.
On décrit généralement le sexe en termes binaires, « femme » ou « homme », mais il existe des variations touchant les attributs biologiques définissant le sexe ainsi que l’expression de ces attributs.

SEXE
Ensemble d’attributs biologiques spécifiques retrouvés chez les humains et les animaux, notamment les caractéristiques physiques, les chromosomes, l’expression génique, les hormones et l’anatomie
L’identité du genre n’est ni binaire (fille/femme, garçon/homme) ni statique. Elle se situe plutôt le long d’un continuum et peut évoluer au fil du temps.

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Ces nouvelles règles scientifiques intégrant de plus en plus les critères de sexe et de genre, ont des retombées à la fois sur les politiques publiques et sur la recherche, celle-ci devant désormais tenir compte de ces nouvelles réalités biologiques et sociales (ex. personnes transgenres et des bispirituelles).

Pourquoi considérer les différences de "sexe et genre" ?

Considérant qu’il y a des similitudes et des différences entre les hommes, les femmes, les filles, les garçons, et les personnes de divers genres, il apparaît primordial d’en tenir compte lorsqu’il est question de santé et de bien-être. On constate que "le genre et le sexe" ont une incidence sur le risque face à certaines maladies. De fait, pour évaluer la santé générale d'un individu, il s’avère important de comprendre comment les nombreux mécanismes impliqués interagissent en eux, en plus des variations personnelles, sans égard au sexe ou au genre.

Les revues scientifiques se sont progressivement ajustées à ces nouvelles dimension depuis une dizaine d’années.

À titre d’exemple, plusieurs publications dans le domaine pharmaceutique, peuvent de plus en plus affirmer que leur médicament a été élaboré en étudiant son effet sur les femmes.
L'European Association of Science Editors, propose des lignes directrices publiées qui répertorie tous les critères que les chercheurs doivent appliquer pour publier les résultats de leurs travaux selon des normes plus rigoureuses (Sex and Gender Equity in Reporting). Les chercheurs ont l’obligation depuis, d’identifier si leurs études comprennent des hommes et/ou des femmes afin d'éviter les généralisations. De plus, cela permet de limiter des dépenses pour des études impossibles à reproduire, lorsque cette information na pas été spécifiée.

«l'analyse du sexe et du genre peut favoriser la découverte scientifique, améliorer l'efficacité expérimentale et contribuer à l'égalité sociale ».

  • Dre Tannenbaumde (Université de Montréal, médecin et directrice scientifique de l'Institut de la santé des femmes et des hommes, des Instituts de recherche en santé du Canada - ISRC)

Londa Schiebinger, professeure d'histoire des sciences à Stanford University (Californie) mentionne que «Les hommes et les femmes ne présentent pas les mêmes symptômes lors d'une crise cardiaque». On a toutefois longtemps cru que cette maladie touchait surtout les hommes et c’est pourquoi les tests de diagnostic leur conviennent mieux. On se rend compte aujourd’hui que cette maladie est en fait, mal diagnostiquée chez les femmes.

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«En médecine, historiquement, le corps de l'homme blanc a été considéré comme la norme, celui des femmes étant analysé après coup et souvent étudié comme une déviation de la norme … »

  • Londa Schiebinger

Sur ce vaste sujet de réflexion, les milieux scientifiques concluent que les notions de sexe et le genre devraient être prises en compte tout au long du processus de recherche.
On croit qu’il faut assurer la parité autant dans le corpus scientifique, que dans les populations de sujets participants aux expériences ( ex. lignées cellulaires, rongeurs ou sujets humains).

L’objectif ultime de ses actions concertées étant de favoriser l'émergence d’une recherche médicale efficace et rigoureuse, offrant des données de qualité et équitable à sa population

Ancolie :)

Sources consultée :

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